TEMOIGNAGES I

 


Cette page reproduit les témoignages, récits et anecdotes communiqués par les anciens employés francais du camp


de Mr.Christian KACZMAREK:
Je suis heureux de ce contact, l'histoire de cette époque remonte en surface, et c'est bien ainsi. J'en suis à me remettre en mémoire les noms des amis , il me faut faire un effort,ce n'est pas facile, le temps efface bien des choses.Voici, pour l'instant quelques noms revenus en surface: Maintenance division: Serge Henri (chef du bureau d'étude), Michel tanguy, Charles Décés ( dessinateurs), Gilbert Freichin, madame Vin, Monsieur Magot, Eugéne Bennet (DSO) Crawford F (sergent?) Christian Hazart, Maljean (Sermaize) Olga Latinovitch( devenue madame Langlois) son mari, m.André Langlois ( chalons en champagne),Monsieur Price...? Il me faut attendre un peu que les souvenirs remontent en suface.
Je sais que l'on embelli le passé et que les souvenirs deviennent plus beaux avec le temps, certes, cependant, j'ai vécu une période formidable faite de rêve et d'admiration pour ces bougres d'Américains. puis, comment ne pas être fasciné, tout était dans la démesure pour un petit Français. Les contacts se faisaient facilement, pas de barrière, sinon celle de la langue, mais cette difficulté n'en était pas une vraiment. Je me souviens de la premiére fois que j'ai mangé au snack bar... Surprenant! Du root beer des barres chocolatèes( baby root) etc... Aussi de cette sacrée musique au service club où j'allais tous les mois peindre le décor de scène.Les femmes américaines me surprenaient, elles étaient différentes des françaises, plus directes, peut-être un peu plus sûres d'elles même, mais charmantes aussi.Pas de différents, même minimes avec les soldats américains, tout n'était que bonnes relations, alors, comment ne pas avoir autre chose que des bons souvenirs.Je souhaite avoir la joie de pouvoir entrer en contact avec ceux qui ont travaillés à TFAD entre 1950 et 1964...65. Ce serait un vrai plaisir. Je ne possède pas de photos de cette époque, dommage pour vous et pour tous? désolé. C.K.


Je me souviens de ce camp américain, de ce village militaire, de ces constructions en pleine forêt, ces buildings …Des militaires, des civils…
Que dire maintenant de ce qu’il reste de cette époque? Il ne reste presque rien si ce n’est que des traces au sol qui disparaissent petit à petit. Que dire aussi de ce massacre lorsque tout a fermé, ce démontage, cet éparpillement de matière, ce pillage? J’en ai été malade de voir ceci, j’y suis encore avec un goût amer au fond de moi. Je n’ai rien pu y faire, une page de l’histoire était passée, restent les souvenirs.Mais après que ceux qui ont vécus cette période ne seront plus, que restera-il? Un site sur Internet, tant que cela existera, quelques écrits et photos au fond des tiroirs ou bien dans les archives d’un musée C’est la vie, que faire d’autre? Ainsi est le monde!En attendant, je suis encore en vie et je vais maintenant, faire en sorte de laisser une petite trace de cette période, de ma présence à cette époque, évoquer ce qu’étaient, les hommes et les femmes qui y ont travaillés.Les souvenirs s’effacent un peu, je ne suis pas doué pour retenir les patronymes, je vais faire pour le mieux, pardonnez-moi, si j’égratigne un peu vos noms, sachez que vos souvenirs en ma mémoire sont encore bien présents et provoquent une grande nostalgie, des regrets aussi, ceux de n’avoir pu vous revoir et peut-être, je le regrette, de ne plus vous revoir.
A mon entrée à TFAD, j’avais presque le même âge que les jeunes soldats américains, certes ils étaient soldats, mais au-delà, perçait leur vie civile, c’était pour moi, un monde presque inconnu, un monde de rêve, peut-être le rêve américain , je ne le sais? Tout était nouveau et grand, l’abondance était présente, je ne pouvais que faire une comparaison avec ce que j’avais vécu dans mon enfance, (j’étais fils d’ouvrier, pauvre…) En poche un petit CAP de dessin industriel et le monde, l’avenir…
En premier, lorsque je me suis présenté pour avoir un job (mot nouveau pour moi), j’ai accepté pour un temps d’être manutentionnaire et charrier des obus de 155 sur des convoyeurs. Ceci en attendant une place libre en bureau d’étude de la maintenance division . Sept mois à me faire des muscles d’acier, plié bien souvent sous les bâches des camions. Pas si mal après tout!Puis, la place libérée, je suis entré en bureau d’étude. J’ai rencontré de nombreuses personnes et une ambiance de travail typique. Rien à voir avec le monde du travail en France.Les personnes que j’ai connues.Pardon à ceux que je vais oublier ou encore aux noms que je vais écorcher.
Messieurs…
Serge Henri (chef du bureau d’étude de la maintenance division)(passionné de foot)
Dessinateurs M. Charles Décés, M. Michel Tanguy.(merveilleux pêcheur en rivière)
Gestion: M. Christian Hazart ( mon pote)
Madame Vin ( très sympa)
Monsieur Bennett Eugène (DSO) (passionné de golf)
Sergent Crawford Freddy ( si je ne me trompe pas un grand gaillard noir, sa phobie: des chaussures toujours très brillantes)
M. Gilbert Fréchin ( un homme très avenant)
Madame Olga Latinovitch ( épouse Langlois) cheveux platine type slave
M. André Langlois son mari
M. Dumas (Homme de ménage) Si sympathique( et toujours le sourire)
Puis aussi ceux qui me reviendront en mémoire…
Quelques petites histoires:
Nous avions remarqué que dans les snack bars, la moutarde américaine ainsi que la mayonnaise était fade, aseptisée en quelque sorte, ceci en opposition à la moutarde française qui est extra-forte pique la bouche et prise en quantité, monte au nez et fait pleurer… Qui a eu cette idée, je ne le sais? Pas moi, je le jure… Enfin, j’en aurai bien été capable pour dire vrai.
Nous avions provisoirement emprunté un des tubes de moutarde au snack, puis vidant le contenu, nous avions remplacé cette moutarde par de la vraie, de l’extra forte bien sûr. Discrètement remis à sa place, nous attendions le futur événement qui ne pouvait que se produire sous peu. Un GI, arriva et commanda un hot dog… A pleines dents, à pleine moutarde et sans hésitation, il prit une grande bouchée… Attente peu longue, il recracha le tout, hurla je ne sais quoi, mais certainement pas des remerciements. La dame (une américaine) qui servait au snack, ne comprenait rien à ce qu’il se passait, tournant la tête, elle vit nos mines hilares et compris rapidement ce qui c’était passé. Au même moment un français demande lui aussi un hot dog, silence de toute part, la dame le lui sert, regarde effarée ce monsieur qui généreusement met dans son hot dog, cette fameuse moutarde. Le GI, lui aussi regardait cet homme qui sans murmure avala cette nourriture sans sourciller.La dame n’étant pas sûre du fait prit le tube et goûta à cette moutarde, jura, cracha et alla se laver la bouche au plus vite. L’histoire fit le tour du bâtiment et chaque fois que l’on a pu recommencer…Avec la complicité de cette brave dame qui ne manquait pas d’humour.


de Mr.Christian KACZMAREK:
Pas de quoi avaler des couleuvres…
Le temps de midi, après un repas frugal et vite avalé… mon pote Christian, vint me trouver en me disant: viens, j’ai un truc à te montrer. Il m’entraîna vers l’extérieur du bâtiment de la maintenance et me conduisit vers une dépression du sol, emplie de feuilles mortes et emplie de… Couleuvres, spectacle hallucinant, ces animaux étaient en fraie et s’étaient rassemblés à cet endroit. Une bonne centaines d’individus, mêlés, entremêlés, impressionnant!
Comme de bien entendu, il nous est venu une idée farfelue. En fait d’idée, nous avons prélevé quelques grosses couleuvres puis les avons mises dans des seaux à incendie, vous rappelez-vous de ces seaux rouges aux fonds bombés? Chacun son seau, recouvert d’un vieux morceau de bâche américaine…
L’idée géniale était de parcourir le couloir central du bâtiment et de passer devant la réunion des secrétaires qui prenaient la pose en cette période et ceci en prenant des mines de conspirateurs.
Nous sommes passées plusieurs fois en attendant une remarque de l’une d’elles. Ce qui n’a pas manqué de se faire rapidement.
Nous approchant de ces dames, d’un commun accord, nous répandîmes la totalité de ces bêtes…Hurlements, cris suraigus réaction de peur et refuge de ces dames un peu partout, mais surtout pour l’une d’elle sur le bureau le plus proche. Elle hurlait tout en empoignant sa jupe et en la remontant. Pourquoi une telle réaction? Allez savoir… Il faut dire qu’a l’époque les collants n’existaient pas.. Alors…
Après récupération des bestiaux, ces dames nous ont fait la gueule pendant plusieurs semaines. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le jour même, le responsable du site, mister Bennett E. (DSO), J’ai été convoqué en son bureau, pourquoi moi? Tournant le dos aux secrétaires, abordant un sourire complice, il me dit en confidence: je suis obligé de vous engueuler (j‘avais demandé une traduction à un collègue homme)…Gardant toujours le sourire et élevant la voix, il me passa un savon mémorable, puis toujours en confidence, il me dit: J’aurais bien aimé être là . C’était la porte ouverte vers d’autres bêtises


de Mr.Christian KACZMAREK:
Il y a des gens surprenants...
C'était en début d'après-midi, je me rendais au camp, pour???... A la sortie du dépot, (je venais de passer le pont qui emjambait la voie férrèe), là, à mi-chemin de l'entrèe, dans le fossé qui bordait le camp, à hauteur de la chapelle, une voiture renversèe dans le fossé. Un accident, c'était évident! Sur et à coté de cette voiture, deux soldats américains.Le chauffeur du véhicule qui me conduisait au camp, s'arrèta, prêt, tout comme moi à venir secourir ces gens... Eh bien non, ces deux bougres avaient retourné la cox tel un gros insecte, pour réparer le pot d'échappement. Du jamais vu! Il fallait être dingue pour procéder ainsi.Les américains ne faisaient que commencer à me surprendre.


de Mr.Christian KACZMAREK:
C'était en une fin de matinèe si mes souvenirs sont exacts... Qui parmi le personnel civil à annoncé cette nouvelle? Peu importe, en premier nous avons cru à une mauvaise blague, on ne fait pas de blague de cette sorte. Il a bien fallu se rendre à l'évidence, J.F.Kennedy avait été assassiné! Comment? Par qui et où? Non, personne ne pouvait imaginer que cela puisse arriver. pourtant... Nous sommes restés sans voix, abattus, il en était de même pour les GIs. Les dames qui, sans vouloir l'avouer étaient presque toutes amoureuses de lui, pleuraient, Nous on faisait semblant d'être des hommes, je veux dire de ne pas pleurer. Est-ce le jour même ou le lendemain que quelqu'un apporta une feuille de papier sortant en ligne directe d'un téléscripteur. Sur cette feuille étaient imprimés à l'aide d'une foultitude de minuscules lettres ou numéros, le portrait de J.F. Kennedy. Je pense que l'on ne peut pas imaginer cette immense tristesse, cette incrédulité et cette révolte que nous avions en nous, ce n'était pas juste! Non, pas juste et tellement triste.Quand nous avons eu d'autres reseignements par le biais de la presse, de la télévision, beaucoup pensaient à sa femme et aussi à ses enfants, à TFAD, nous étions encore plus touchés et pour cause.



23 Nov. 1964: le Lieutenant-Colonel Martin A. SHADDAY, Commandant du camp, MMrs. D'OLONNE et DONNAIS, représentant les employés Français, déposent une gerbe sur le monument du Président KENNEDY, en commémoration de son assassinat.




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